Circe, Madeline Miller

L’Afrique du sud dans les années 90-2000, l’Inde – avant Internet ? – et maintenant, rapprochons-nous sur le plan géographique et reculons dans le temps. Et pas qu’un peu, car comme l’indique le titre de son roman, l’auteure nous transporte dans la mythologie grecque. Comme pour le livre précédent, je n’ai malheureusement pas accroché et me suis fait chier comme un rat mort. Comme le livre précédent, Circe a été récompensé par les lecteurs de Goodreads, et a obtenu le prix du meilleur livre fantastique 2018. À partir de maintenant, les œuvres récompensées par les lecteurs de Goodreads entreront dans ma liste des bouquins à n’ouvrir sous aucun prétexte.

 

L’histoire

L’histoire de Circé, on la connaît déjà plus ou moins. Fille d’Hélios, le flamboyant et irascible dieu du soleil, et d’une Océanide, elle commence sa vie d’immortelle en errant dans le palais de son père. Entre une mère qui ne supporte pas sa voix et des frères et sœurs qui la raillent sans arrêt, elle semble pourtant s’accommoder de son sort et se plaît à rester aux pieds de son père si puissant, ou à l’accompagner sur son char à travers le ciel.

Lorsque Prométhée est puni par Zeus pour avoir offert le feu aux hommes, elle le prend en pitié et lui donne à boire en cachette pendant son supplice.

Mais le grand chamboulement intervient à l’occasion de la visite d’un marin dont elle tombe amoureuse et transforme en immortel grâce à différentes herbes qu’elle recherche avec application. Elle exerce ensuite son don pour la sorcellerie fraîchement découvert sur sa sublime, mais terrible cousine Scylla, la transformant ainsi en répugnable – je vous laisse trouver les deux adjectifs à l’origine de la contraction – monstre aquatique.

La punition de Zeus ne se fait pas attendre : Circé est exilée sur une île. Elle améliore ses talents de sorcière et passe son temps entre recherche d’herbes dans la nature, préparation de nouvelles concoctions et de formules magiques.

Mais quand des marins qu’elle accueille avec un grand sens de l’hospitalité tentent de la violer, elle jette son sort le plus célèbre et les transforme en cochons. #BalanceTonPorc quelques millénaires avant Twitter.

Arrive bien évidemment le bel Ulysse. De leur liaison naîtra Télégonos, et lors d’un combat avec Ulysse, celui-ci meurt empoisonné par le bout venimeux de la lance de son fils dont il ignorait l’existence.

 

Corps et âme

Alors oui, je me suis terriblement ennuyée en lisant les non-aventures de cette sorcière esseulée au milieu des siens puis de manière plus évidente sur son île, occupée à chercher des herbes et inventer des sorts entre ses histoires de cul avec par ordre chronologique Hermès, Dédale et Ulysse. Mais comme pour tous les livres, même ceux qui me retiennent le moins, il y a quelque chose à en tirer ; en l’occurrence, cette idée très présente chez les Grecs de lien entre le corps et l’âme. Platon voyait par exemple dans la beauté physique la promesse d’une belle âme, une idée que Circe prend à la lettre lorsqu’elle jette un sort à Scylla, une peste dans une belle enveloppe corporelle, et rétablit le lien âme-corps. La perfide cousine devient alors un montre des mers à six têtes et douze jambes qui dévore tous les marins navigant à proximité de sa grotte.

 

Circé, une héroïne féministe

Évident, mais puissant. Transformer des violeurs en cochons est la concrétisation la plus connue du point précédent. Puisque ce sont des porcs, autant leur rendre leur véritable apparence. Depuis le best-seller de Mona Chollet, Sorcières, la puissance invaincue des femmes, on note un regain d’intérêt pour ces magiciennes en cette période où le féminisme est à la mode, comprenez « il fait vendre ». Et c’est tant mieux. Ainsi la crainte qu’ont inspirée les sorcières n’a jamais fléchi à travers les époques. De l’exil de Circe – alors que son frère qui possède les mêmes dons n’a pas été puni – au bûcher de Jeanne d’Arc, le pouvoir de ses femmes a toujours dû être sanctionné le plus sévèrement possible par la société en panique.

Mais Circé, c’est aussi une grande amoureuse, une femme qui assume ses coucheries dans ce récit à la première personne. Du marin qu’elle transforme en dieu au bel Ulysse en passant par Dédale le génie et Hermès le charmeur, la sorcière immortelle raconte sans détour ce qui lui plaît tant chez ces hommes. Le pouvoir conféré par son don et son immortalité s’évaporent et la magicienne laisse place à une femme soudain humaine qui se laisse aller à l’amour. Après les humiliations permanentes de la part des membres féminins de sa famille pendant sa jeunesse dans le palais d’Hélios, la fille impossible à marier – et oui, la beauté est la seule mesure de la valeur d’une femme dans un système machiste ! – semble bien loin, car la femme plaît et ne charme pas les plus moches ! Une femme libre qui choisit ses amants et les charme plutôt que de se laisser charmer par les hommes. Pas mal.

Il en va de même à la fin du récit quand la mère prend le pas sur la magicienne, montrant ainsi toute la singularité du personnage. La sorcière typique, icône féministe extrême et surtout irréelle, n’a pas d’enfant. Or Circe a non seulement donné la vie, mais elle exprime son inquiétude permanente pour celle de son fils et par là un amour maternel – une fois de plus – parfaitement humain.

Bref, quelques pages dans un océan d’ennui…C’était vraiment pour l’article.

Bonne lecture, ou pas !
https://www.bookdepository.com/Circe-Madeline-Miller/9781408890042?ref=pd_gw_1_pd_gateway_1_1

11 réflexions sur “Circe, Madeline Miller

  1. JC.....

    BOOK CLUB
    Combien de féministes de ce cénacle culturel hambourgeoisé, 12, 24, 48 voire 256, dévouées à la cause, combatives, amazoniques, exacerbées, bagarreuses, vont vous haïr, chère Ed, pour votre prise de position respectable ? Combien ?….
    J’en tremble d’effroi !

    Aimé par 1 personne

      1. JC.....

        Bonne nouvelle, le Book Club est ouvert et non féministe !
        Ne pourrait on réaliser une merveilleuse fête des lumières en juin ?
        Celle des BookClub et des BoucClub réunis dans un vivre ensemble délicieux, un lieu où la tolérance serait naturelle… ?….

        Aimé par 1 personne

  2. Je ne connaissais pas plus que ça ce livre, j’ai pu le voir passer assez souvent et j’étais surtout tenté par la couverture, mais avec ton avis, qui est sincère, je ne sais pas si je laisserai l’occasion à ce livre de me faire mon propre avis dessus ! ^^

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  3. Ping : La Mythologie viking, Neil Gaiman – Tomtomlatomate

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